(Sortie vidéo) Primal de Genndy Tartakovsky

Est-il encore nécessaire de présenter Genndy Tartakovsky ? Papa, entre autres, des Super NanasSamouraï Jack ou de la saga cinématographique Hôtel Transylvanie, il nous a offert entre 2019 et 2020 une première saison percutante avec sa nouvelle série animée, Primal. Diffusée sur Adult Swim mais également Canal+, la première saison de dix épisodes d’une vingtaine de minutes chacun est finalement disponible en vidéo (à noter qu’elle est exclusivement proposée en haute-définition via un support Bluray) et se (re)découvre avec un plaisir non feint. 

Résumé : L’amitié improbable entre un homme des cavernes à l’aube de l’évolution et un dinosaure dont l’espèce est sur le point de s’éteindre. Les deux s’unissent pour leur survie dans un monde primaire et violent.

(c) Studio La Cachette / Warner Bros Distribution

Portant admirablement bien son nom, cette nouvelle série animée en 2D revient à l’origine de l’Humanité, bien que celle-ci soit considérablement réinventée. L’Homme préhistorique y côtoie des dinosaures, ce qui le contraint alors à devoir faire preuve d’intelligence et de férocité pour survivre. Auréolée d’une violence (graphique et scénaristique) évidente, Primal s’affirme dès son premier épisode constituant le binôme à l’honneur dans le scénario (« Lance », l’Homme esseulé et « Croc » le dinosaure) à travers des traumas sans concessions. Nous sommes alors bien loin de l’univers cartoonesque d’Hôtel Transylvanie, l’esthétique préférant cette fois-ci épouser une âpreté visuelle et narrative pertinente. 

Bien que les courts récits acheminant nos personnages vers une meilleure entente soient finalement assez sommaires en termes de péripéties, ils n’en demeurent pas moins d’une précision implacable, d’autant plus que le choix de ne pas faire parler les protagonistes de l’histoire est parfaitement adapté. A titre d’exemple, la mise en scène crépusculaire du premier épisode se suffit à elle-même, en embrassant les sentiments des personnages principaux vivant des tragédies que la réalisation se refuse à proposer hors-champ. Le monde fictif inventé par l’équipe créative de la série est une quête incessante de survie qui sait parfois prendre des chemins plus poétiques, à l’image des ombres chinoises au coin d’un feu lors du second épisode, sans jamais tomber dans une forme de sentimentalisme contre-productive.

(c) Studio La Cachette / Warner Bros Distribution

Le monde de Primal est évidemment impitoyable et les scènes d’action constituent les séquences phares du récit mais le scénario entreprend aussi une véritable caractérisation muette du binôme d’étrangers. Apprenant à se considérer l’un l’autre, l’homme et le dinosaure (mélange d’un Raptor et d’un T-Rex) bâtissent aussi une leçon de solidarité au cours de leurs aventures. Il n’est pas rare de voir l’émotion poindre au détour de certains épisodes (« A cold death » sur la quête vengeresse d’une horde de mammouths ou « Scent of Prey » liant encore un peu plus les deux êtres en quête de survie) tandis que la peur prend parfois le dessus dans des récits à la sauvagerie terrible (difficile de rester insensible face au cruel épisode 8, riche en magie noire et sacrifices). 

Primal est une proposition étonnante qui mérite qu’on lui accorde une grande attention. Judicieusement brutale, parfaitement touchante et intrinsèquement effrayante, cette série est une splendeur graphique (on applaudit le savoir-faire du studio français La Cachette) et narrative. Dire que l’on attend la saison 2 avec impatience relève de l’euphémisme ! 

EDITION VIDEO

L’éditeur Warner Home Média nous a fait parvenir l’(unique) édition haute-définition du show télévisé, sur un seul disque bluray (mais la qualité est au rendez-vous!). A noter que le boîtier amaray est accompagné d’un fourreau.

Comme de coutume, nous avons visionné le film sur un écran OLED 4K. 

(c) Studio La Cachette / Warner Bros Distribution

Image & Son : Sans tergiverser, sachez que l’image est magnifique, grâce à un transfert profond et vibrant des nombreuses couleurs composant la narration mais également grâce à la grande définition de l’ensemble, laissant entr’apercevoir les traits de l’animation. La brutalité poétique de Primal explose sur vos écrans (et va bien au-delà de l’image proposée par les services de streaming ayant proposé la série!) 

Du côté du son, une unique piste DTS-HD MA 5.1 est proposée puisque le show est exempt de paroles. Seuls les bruitages, les cris et les musiques permettent de s’immerger (à merveille) dans cette épopée survivaliste. On s’y croirait ! Les ambiances sonores laissent souvent la place à des compositions éléctroniques fort adaptées dans un ballet sonore captivant. Primal est une véritable expérience cinématographique qui se doit d’être vécue dans les meilleures conditions possibles ! 

Interactivité : en privilégiant la très bonne qualité de l’image sur les dix épisodes, l’éditeur vidéo laisse évidemment peu de place pour d’innombrables bonus sur le disque mais le seul au rendez-vous a le mérite d’être intéressant (même s’il demeure trop bref pour s’avérer essentiel). 

Vous découvrirez alors un making-of de 10 minutes au cours duquel le réalisateur et le directeur artistique, mais également d’autres artistes ayant officié sur le show, prennent la parole pour revenir sur quelques étapes créatives, à l’image de la création de la musique la plus « primale » possible. On apprécie également de voir quelques artistes français (cocorico!) ayant participé à l’élaboration de cette réussite animée. Un bonus passionnant, certes, mais bien trop court… 

C’était inespéré, mais Warner Home Média l’a fait ! La première saison de Primal est un must-have dans sa vidéothèque tant l’aventure épique contée ici est aussi trépidante que touchante ! Et vous hésitez encore ? 

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