(Test DVD) Elliot, le plus petit des rennes de Jennifer Westcott

Comme chaque année, les fêtes de Noël approchent et leur lot de films joliment enrobés de niaiserie avec ! Les studios Awesometown Entertainment tous droit venus du Canada nous arrivent enfin sur le sol français grâce au distributeur Koba Films qui nous propose Elliot : le plus petit des rennes. Autant le dire tout de suite, nous avons affaire à une énième relecture du récit de l’outsider s’imposant dans un monde qui lui était pourtant inaccessible. Sans réinventer la formule, le film de Jennifer Westcott propose tout de même une aventure agréable qui saura plaire au jeune public sans ennuyer les plus grands.

Synopsis : Eclair, l’un des huit rennes du Père Noël, annonce qu’il va prendre sa retraite dans quelques jours. C’est l’occasion unique pour le petit cheval Elliot de se rendre au Pôle Nord pour accomplir un rêve fou : gagner sa place parmi les rennes et tirer le traîneau du Père Noël !

Jusque-là, on ne peut pas dire que les studios canadiens à la production de ce nouveau conte de Noël se soient illustrés avec prouesse dans le domaine de l’animation. Avec Elliot, l’espoir est de mise. Bien que le scénario soit vu et revu (l’histoire d’un poney rêvant de devenir l’un des rennes du Père Noël – dans la plus grande tradition des histoires dénonçant les ravages de la prédestination sociale), le film mène tambour battant son récit aux multiples intrigues. Entre la menace d’une femme d’affaires improbable désirant acquérir la ferme d’Elliot, la course des rennes pour remplacer un jeune retraité ou l’enquête planant sur la mécanisation de la tournée du Père Noël : les intrigues abondent avec plus ou moins de réussite. Dynamique lorsqu’il entreprend de se focaliser sur l’enquête, le scénario perd en intérêt lorsqu’il renoue avec les affaires terrestres de la ferme. L’avantage est qu’il est difficile de s’ennuyer face à tant de fils narratifs !

Version high-tech des récits de Noël, Elliot, le plus petit des rennes perd en magie ce qu’il gagne en modernité. Les plus grands des spectateurs apprécieront le ton résolument parodique des interventions télévisées des lutins du Père Noël tandis que les plus jeunes préféreront suivre la quête ambitieuse du héros équidé. Sans forcément exceller dans le cœur des deux publics, le film a le mérite d’intéresser tout en traitant des sujets importants (le dopage au sein des compétitions sportives, l’industrialisation de la société entravant la magie des fêtes, etc.).

Sur le plan graphique, l’enthousiasme est plus mesuré. Même si les personnages humains semblent avoir fait l’objet d’une attention particulière, il en va tout autre des décors du film ou des animaux parcourant le long-métrage. Souvent grossiers, ces éléments manquent de finesse et sont à mettre sur le compte d’une production modeste aux moyens financiers trop légers. Ainsi, l’on aurait pu se passer de la « méchante » ridicule au design trop exagéré (pour ne pas dire laid) qui fait planer une menace balisée sur la ferme du jeune poney tandis que certains parti-pris scénaristiques surprennent beaucoup. Les « voitures » volantes côtoient allègrement les rennes volants, dans une hybridation magico-scientifique à l’efficacité douteuse. En se focalisant sur l’univers chaleureux du Père Noël, le film aurait pu s’offrir une touche d’émotion plus à même d’impliquer tous les publics : en général, la surenchère ne paie pas.

Il en va de même pour la mise en scène, finalement peu inspirée, qui manque cruellement de souffle dans les séquences plus dynamiques. Quelques zooms arrières et d’épars plans d’ensemble ne peuvent suffire à créer le rythme nécessaire aux courses de rennes pourtant centrales dans le film. Un manque d’ambition qui est quelque peu sauvé par un final aussi bref que dantesque au cours duquel un adjuvant se révèle antagoniste pour mettre à mal les fêtes de fin d’année telles qu’on les connaît.

En somme, cette modeste production fera passer un bon moment à ses (jeunes) spectateurs. Sans révolutionner le genre ni développer une quelconque magie de Noël en ces temps de fêtes, le film de Jennifer Westcott est un univers dispensable. Pourtant, ceux qui prendront le temps de s’y pencher ne passeront pas un mauvais moment et c’est déjà très bien !

EDITION VIDEO

Le distributeur Koba Films nous a fait parvenir l’édition DVD du film (seule option possible sur le marché français pour découvrir le film chez soi), copie qui a été visionnée sur un écran OLED 4K.

Image et son : Une image convenable dans l’ensemble, malgré les défauts inhérents à une édition basse-définition. L’image « saute » sur quelques travellings et des flous surviennent lors de certaines scènes (comme lors du repas des rennes pendant lequel la chèvre est cruellement floue). Toutefois, les scènes sombres ont une meilleure définition et les couleurs sont globalement bien retranscrites. Evidemment, le DVD rend justice aux choix parfois étranges de l’équipe créative, à l’image de la limousine fluo de la méchante du récit…

Du côté du son, une piste française en Dolby Digital 5.1 fait le job. Même si les musiques sont parfois reléguées au second plan, elles permettent de privilégier les dialogues : et ce n’est pas une mauvaise idée !

Bonus : Aucune interactivité si l’on excepte quelques bandes-annonces d’autres sorties vidéos de l’éditeur vidéo. Un contenu bien maigre…

Article rédigé par Nathan

Nourri aux univers animés depuis la découverte de "Kirikou et la sorcière" en 1998, Nathan porte son regard critique et analytique sur l'univers des longs-métrages. Il est rédacteur sur Focus on Animation depuis 2012 et est l'auteur d'un ouvrage somme sur la carrière de Michel Ocelot (chez Third Editions).

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