(Critique) Biscuit le chien fantastique de Shea Wageman

Charlie the Wonderdog devient Biscuit, le chien fantastique en France et débarque enfin en salles via KMBO ! Avec ce long-métrage, Shea Wageman livre une production d’animation 3D modeste mais sincère, entièrement tournée vers le divertissement du public qu’elle cible. Si l’ensemble manque parfois d’audace visuelle et de choix artistiques véritablement marquants, le jeune public ne lui en tiendra pas rigueur, tant le film aligne les ingrédients attendus du genre super-héroïque avec un certain savoir-faire. Retour sur un film déjà en salles !

Résumé : Danny et son petit chien Biscuit sont les meilleurs amis du monde. Un jour, une magie mystérieuse donne à Biscuit des pouvoirs incroyables : il peut désormais parler et voler. Dès que quelqu’un a besoin de lui, il met son masque, enfile sa cape et s’élance dans le ciel pour aider : il est devenu un chien fantastique ! Biscuit a désormais deux passions : manger des tacos et sauver le monde. Mais Pudding, le chat du voisin, lui aussi doté de super-pouvoirs, rêve de faire régner les chats sur l’univers. Danny et Biscuit devront prouver qu’ensemble, rien ne peut les arrêter !

© 2025 ICON CREATIVE STUDIO INC

Tout d’abord, il serait intéressant de parler de l’’animation, globalement convenable pour une production de ce calibre. Les animaux – et particulièrement Biscuit – bénéficient d’un traitement soigné, joliment magnifié par des les éclairages maîtrisés d’une mise en scène convenue. Des fragilités demeurent, notamment dans l’animation des personnages humains secondaires, mais rien n’empêche de passer un bon moment. Côté récit, Biscuit, le chien fantastique coche toutes les cases du film de super-héros mâtiné de science-fiction : vaisseaux spatiaux, gadgets futuristes et bande originale aux accents épiques s’enchaînent avec une efficacité presque scolaire. Le début, très rapide, ne laisse que peu de temps à l’installation, mais ce rythme effréné devient vite une marque de fabrique assumée. Tout va parfois trop vite, trop fort, trop loin, au risque de l’invraisemblable… mais le film semble l’assumer pleinement : ici, le divertissement prime !

Sous cette apparente légèreté se glisse pourtant un message plutôt malin sur l’insatisfaction et les caprices enfantins, incarnés par cet extraterrestre transformant les animaux de l’univers pour satisfaire ses désirs. Une idée amusante, qui donne au film une petite épaisseur thématique bienvenue. Plus surprenant encore, le long-métrage parvient à esquisser une critique de notre société du spectacle : on fabrique des héros en un jour, avant de les rejeter tout aussi vite. En faisant de Biscuit l’ennemi public numéro un, le machiavélique chat Pudding – antagoniste assumé – met parfaitement ce mécanisme en lumière. Car oui, une fois encore, les chiens sont les gentils et les chats les manipulateurs sans scrupules. Heureusement, la dynamique entre le chat maléfique et son maître qu’il finit par soumettre fonctionne à merveille et apporte un humour noir étonnamment savoureux. Preuve que le film de Shea Wageman peut contenter toute la famille !

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De plus, le film déploie toute son potentiel super-héroïque dans son dernier acte, avec une grande séquence d’action située au cœur d’un parc d’attractions. Tous les personnages y trouvent leur place – la mère de Danny, indirectement à l’origine de l’intrigue, son fils, Biscuit et les antagonistes félins – dans un joyeux chaos visuel. Les éclairages verts et violets apportent une véritable aura de science-fiction à l’ensemble, renforçant l’impact de cette conclusion spectaculaire. Quelques notes d’émotions s’invitent aussi à la fête pour émouvoir les jeunes spectateurs, désormais attachés au chien Biscuit et à son jeune maître. En bonus, le générique final offre de jolies illustrations peintes, charmant cadeau pour clôturer l’aventure.

Au final, Biscuit, le chien fantastique s’impose comme un petit film de science-fiction mignon et efficace, capable d’embarquer les enfants sans ennuyer leurs parents. Avec modestie, il mêle super-héros, humanité et humour, et laisse même planer l’idée qu’une seconde aventure pourrait voir le jour. Et après tout, pourquoi pas ? Biscuit semble déjà prêt à rempiler.

En salles depuis le 4 février via KMBO.

Nourri aux univers animés depuis la découverte de "Kirikou et la sorcière" en 1998, Nathan porte son regard critique et analytique sur l'univers des longs-métrages. Il est rédacteur sur Focus on Animation depuis 2012 et est l'auteur d'un ouvrage somme sur la carrière de Michel Ocelot (chez Third Editions).

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