(Critique) Même les souris vont au paradis de Denisa Grimmova & Jan Bubeníček

Avant toute chose, il me paraît important de préciser que ce film possède une histoire particulière avec la ville d’Annecy. En effet, le projet a profité d’une présentation au MIFA durant un festival d’animation pour être lancé pour de bon ! La réalisatrice, Denisa Grimmova, avait comme projet d’adapter le livre éponyme pour enfants. Après près de 6 années de travail pour développer cette histoire afin de la rendre efficace en tant que long métrage, le projet a été développé dans 8 lieux différents à travers l’Europe, dont … Annecy ! Le studio Les Films du Cygne a notamment participé activement à la réalisation du long métrage qui nous est présenté ici.

Résumé : Whizzy, une petite souris un peu peureuse, déteste qu’on le lui reproche, d’autant que son père est considéré comme un héros pour avoir terrassé un renard de ses propres mains. Alors que la petite souris tente de prouver qu’elle est la digne héritière de son paternel en s’approchant d’un “féroce” renard, un accident va les faire se retrouver tous deux au paradis des animaux. Dans l’autre monde, l’héroïne va devoir apprendre à surmonter sa peur du grand méchant renard, tandis que le prédateur naturel va tenter de prouver qu’il n’est pas forcément aussi mauvais que l’on veut bien le penser.

(c) Les Films du Cygne / Gebeka Films

Concernant le thème du film, il est relativement simple mais traite d’un sujet qui n’est pas forcément beaucoup traité dans le monde de l’animation destiné aux enfants : la perte d’un proche. Jusque là, on pouvait par exemple se baser sur Là-Haut et son intro, si forte, pour illustrer cet événement tragique. Il est également possible de penser à Coco, même si le thème de la fête des morts parle sûrement moins aux européens, mais l’essentiel reste tout de même compréhensible. L’inconvénient de ces films de Pixar Animation Studios, réside dans le fait qu’ils ne sont pas forcément accessibles aux plus jeunes, qui ne comprendront pas forcément tout le message qui est transmis par le biais de ces oeuvres. Il existe encore éventuellement Charlie (All dogs belong to heaven en version originale), mais malheureusement les films de Don Bluth ne sont pas assez représentés sur les différents supports accessibles aux enfants d’aujourd’hui…

Grâce à Même les souris vont au paradis, les enfants de tout âge vont pouvoir suivre les aventures de “Whizzy” la souris et de “Whitebelly” le renard, qui se retrouvent tous deux envoyés au paradis , suite à un accident de la route (pour info, ce n’est pas eux qui conduisaient) Il est donc question de suivre les aventures des deux protagonistes dans ces limbes, tout en observant les questionnements et remises en cause de ceux-ci. Le jeune enfant, qui peut être confronté à une situation de perte, peut donc imaginer quelques réponses à sa portée, ce qui est plutôt rare dans le domaine de l’animation qui a en général l’habitude de dépeindre des événements joyeux, du moins lors des dénouements des histoires.

(c) Les Films du Cygne / Gebeka Films

Grâce au long-métrage en partie annécien, les enfants peuvent comprendre un peu mieux le voyage spirituel que l’on peut espérer aux personnes qui nous quittent, mais nous le transpose avec des animaux, ce qui est en général plus parlant à leurs yeux.

Même les souris vont au paradis est un divertissement familial qui est avant tout destiné aux enfants. L’origine de l’histoire, tirée d’un conte d’Iva Procházková, mais aussi les personnages et leur animation est clairement dédiée aux plus jeunes. Le thème abordé est très intéressant car il permet d’aborder le sujet de la mort, si souvent esquivé par l’animation mondiale, du moins pour cette catégorie d’âge. Le reproche majeur que l’on peut donner à ce film, c’est la voix relativement agaçante de la petite souris, qui risque de faire grincer quelques dents. Ce qui donne un peu plus de poids à ceux qui, comme moi, préfèrent regarder les films en version originale.

Critique rédigée par Davy

Avis express de Nathan : Ce film fut un véritable coup de coeur au cours du Festival d’animation d’Annecy 2021 ! Mon amour pour le stop-motion y est pour quelque chose mais le récit génère une émotion aussi sincère que précieuse (en abordant des thématiques essentielles) grâce à une mise en scène aux charmes infinis ! Même si la voix de la souris principale peut s’avérer irritante, il serait dommage de passer à côté d’une oeuvre aussi touchante.

Rendez-vous le 27 octobre 2021 en salles obscures !

Nourri aux univers animés depuis la découverte de Kirikou et la sorcière en 1998, Nathan porte son regard critique et analytique sur l'univers des longs-métrages. Il est rédacteur sur Focus on Animation depuis 2012.

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