(Sortie vidéo) Constantine : The house of mystery de Matt Peters

Tout en proposant un épilogue au DC Animated Universe (entamé avec Justice League : The Flashpoint Paradox en 2013) dans le court-métrage « Constantine : The house of mystery », ce nouveau disque haute-définition distribué par Warner Home Entertainment compile trois autres courts-métrages issus de la collection DC Showcase qui fait la part belle à des personnages moins vendeurs de l’écurie DC. Vous retrouverez alors « Kamandi, le dernier garçon sur Terre », « The Losers » mais aussi « Blue Beetle » (personnage que nous retrouverons en live-action l’année prochaine sur nos écrans).

Résumé : Le détective de l’occulte, John Constantine, est coincé dans la maison du mystère, un domaine secret dont personne ne réchappe.

(c) Warner Bros Animation

On avait laissé nos héros vainqueurs mais épuisés après leur combat contre Darkseid dans Apokolips War. Nous retrouvons alors le détective Constantine dans une mystérieuse maison qui le tient prisonnier. Vingt-six minutes durant, le court récit plonge le personnage dans un cercle temporel dont il ne peut réchapper aux côtés d’autres figures phares de l’écurie DC (à l’image de la magicienne Zatanna). Voué à mourir sans relâche et à se réveiller de cauchemars inextricables, le personnage subit les affres d’une sombre destinée. Violent, le court-métrage s’inscrit pleinement dans le genre horrifique qui accompagne depuis toujours les aventures du célèbre personnage occulte. Au final, il s’agit d’un épilogue (anecdotique) qui a toutefois le mérite de rassasier les amoureux de scènes sanglantes et d’intrigues torturées.

Kamandi, le dernier garçon sur Terre (18min) : adaptation d’un comics de Kirby dans les années 70. Un récit de 18 minutes auréolé du style graphique d’origine (une esthétique forcément surannée mais pleine de charme). Dans un univers à la Planète des singes, on profite d’une animation de qualité ! Les couleurs sont, en plus, bien définies l’aventure est pleine du charme d’antan. Mais cette histoire n’a-t-elle pas trop des allures de pilote télévisuel ? On reste sur notre faim… Et l’impatience de se plonger dans les comics originels nous emporte ! : (le film est présent en bonus sur les éditions vidéos de Justice Society of America)

(c) Warner Bros Animation

The Losers (16min) : une tradition des sorties DC, celle de délivrer un court récit sur un personnage, ou une bande de personnages, moins célèbre que les grands noms de l’écurie tels que Superman ou Wonder Woman. C’est alors l’occasion de faire la connaissance d’une équipe de commandos sur une île du Pacifique, remplie de dinosaures forcément sanguinaires. Même si l’animation est imparfaite, cette courte aventure a de quoi tenir en haleine ! (le film est présent en bonus sur les éditions vidéos de Batman : The Long Halloween – Partie 1)

Blue Beetle (15min30) : nous voyons Blue Beetle faire équipe avec Question, Capitaine Atom et Nightshade contre Docteur Spectro et le film s’entiche d’un style animé quelque peu désuet qui rappelle les séries animées des années 60. Cette courte aventure est une belle parenthèse qui rend enthousiaste à l’idée de retrouver le personnage sur grand écran l’année prochaine ! (le film est présent en bonus sur les éditions vidéos de Batman : The Long Halloween – Partie 2)

(c) Warner Bros Animation

Constantine : The house of mystery est donc une compilation un brin artificielle (difficile de tisser des liens entre les histoires proposées, si ce n’est la célébration de figures moins mainstream) qui n’en demeure pas moins intéressante parce qu’elle brasse des influences diverses (sur le plan graphique mais aussi thématique) et achève (partiellement) un univers étendu déployé sur plus de quinze films animés. Mais l’on ne peut s’empêcher de regretter l’absence de contenu vraiment inédit dès lors que le court-métrage sur Constantine est visionné…

EDITION VIDEO

L’éditeur vidéo nous a fait parvenir le blu-ray de la compilation qui comprend aussi un court making-of des épisodes Showcase inclus. Ci-dessous, vous pouvez visualiser l’édition en question qui se résume à un boîtier amaray classique et un disque sérigraphié.

Comme de coutume, le disque a été visionné sur une TV LG Oled et une installation 5.1.

Image & son : comme toujours, Warner Bros Entertainment délivre un transfert des plus satisfaisants sur la galette haute-définition : même si quelques mouvements de caméra manquent de fluidité (a cause d’une production au budget limité – une habitude avec les sorties DC Animated), les noirs forcément nombreux sont profonds et éloquents dans le premier court-métrage sur les sciences occultes. Pour les autres courts plus colorés, les couleurs sont resplendissantes sans trop se révéler tape-à-l’oeil : de beaux transferts HD qui traduisent fidèlement les volontés des équipes créatives en charge de ces projets inattendus !

Du côté du son, on retrouve une piste haute-définition en version originale, en DTS-HD Master Audio 5.1, qui s’avère beaucoup plus intense et profonde que la piste français en Dolby Audio 5.1 en VF. La piste originale permet aussi de découvrir l’incroyable casting vocal derrière ces personnages moins mainstream et notamment de retrouver Matt Ryan dans la peau de Constantine, après l’arrêt de la série en live action après une saison.

Interactivité : DC Showcase : une histoire à la fois : une plongée dans les objectifs et aboutissants du projet Showcase qui s’étale sur une quinzaine de minutes. Comment mettre en lumière des personnages moins mainstream ? Les équipes reviennent sur la création des quatre courts-métrages à l’honneur sur la galette. On aborde les courts les uns après les autres avec leurs réalisateurs. Matt Peters s’attarde notamment sur la dimension horrifique-comique de Constantine. Sont aussi abordées les nombreuses influences des courts présents sur le disque (Kamandi est par exemple animé dans des teintes plus caractéristiques des années 70). Il est aussi question de l’influence d’une des premières sitcoms animées : les Pierrafeu pour Blue Beetle : on constate une volonté délibérée de proposer des imperfections pour coller à l’esthétique de l’époque.

Nourri aux univers animés depuis la découverte de "Kirikou et la sorcière" en 1998, Nathan porte son regard critique et analytique sur l'univers des longs-métrages. Il est rédacteur sur Focus on Animation depuis 2012 et est l'auteur d'un ouvrage somme sur la carrière de Michel Ocelot (chez Third Editions).

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