(Sortie vidéo) En sortant de l’école : école buissionnière (programme de courts)

Après la sortie de la saison 8 sur Andrée Chedid, le distributeur Folimage nous propose une compilation de la série anthologique En sortant de l’école. Une série anthologique célébrant des poèmes d’auteurs français (on retrouve même Les filles du vent d’Héloïse Ferlay dont nous parlions déjà lors de la saison adaptant des textes d’Andrée Chedid). Au programme cette fois-ci, onze courts honorant Jacques Prévert, Robert Desnos, Guillaume Apollinaire, Jean Tardieu et même Paul Verlaine ! En résulte un ensemble hétéroclite d’une trentaine de minutes avec des génériques différents selon le poète mis en images.

Ce DVD sort le 22 novembre prochain dans les bacs.

En sortant de l’école de Lila Peuscet (à partir d’un titre musical de Renan Luce sur un texte de Jacques Prévert) : un film musical mêlant différentes techniques animées : modélisme, stop-motion, animation numérique : un voyage en wagon plein de poésie. Délicieusement loufoque !

Voyage avec Monsieur Monsieur de Céline Brengou (sur un texte de Jean Tardieu) : un film en animation 2D aux couleurs claires et clairsemées qui font le choix de l’évocation. Le texte poétique rend inévitablement le film étrange et onirique : peut-être la proposition la moins accessible (mais fort intéressante !) du recueil de courts.

Les préfixes d’Alix Boiron-Albrespy (sur un texte de Jean Tardieu) : une esthétique esquissée qui rappelle les livres de nos enfances. Le film prend place dans une ambiance sudiste qui fait du bien en ces temps pré-hivernaux. Une jeune écolière laisse son esprit vagabonder en ville avec musicalité face à l’inquiétude de son enseignant. Un court-métrage plein de bonnes ondes qui enthousiasme l’esprit !

Ane dormant de Caroline Lefèvre (sur un texte de Jacques Prévert) : encore une affaire d’instruction et d’éducation au gré d’un tracé plus figuratif en noir et blanc qui laisse s’immiscer quelques touches de couleurs dans les rêves. Un univers cartoonesque (avec les mimiques de l’âne) qui conquiert le coeur des spectateurs. On y perçoit l’importance et la force du rêve !

Les filles du vent d’Héloïse Ferlay (sur un texte d’Andrée Chedid) : je vous en parlais déjà lors de la sorite du DVD compilatoire de la saison 8, cliquez ici !

Couchée de Déborah Cheyenne Cruchon (sur un texte de Robert Desnos) : une esthétique qui se rapproche de la peinture. La beauté de la nature y est entraperçue en vue subjective au début du film avant de laisser libre cours à l’imagination fertile de la protagoniste.

Quartier libre de Marine Blin (sur un texte de Jacques Prévert) : une animation en 2D aux tons chauds car c’est la couleur jaune qui prédomine. On y découvre la relation humoristique (et touchante) entre un homme et son oiseau en cage.

Promenade sentimentale d’Emilie Tronche (sur un texte de Paul Verlaine) : une esthétique suggestive qui met en exergue les mouvements de l’animation. Au gré d’une voix off subtilement intégrée à la diégèse par un poste radio, une jeune femme fait du yoga sur un grand nénuphar. Des jeux de regards et de comparaisons avec les grenouilles s’installent alors dans ce ballet aquatique. Fascinant ! Un de mes coups de coeur dans cette anthologie !

Page d’écriture de Marion Lacourt (sur un texte de Jacques Prévert) : encore un court mettant à l’honneur l’école (peu surprenant, vu le titre de la série !) Un mélange de traits peints et d’animation en 2D. Un déploiement imaginatif pour s’évader de la rigueur écolière qui met en avant l’apport de la musique pour rythmer les apprentissages des enfants. Une véritable fanfare écolière parachève ce beau moment d’animation.

Le cancre de Chenghua Yang (sur un texte de Jacques Prévert) : de l’animation 2D pleine de couleurs qui célèbre les dessins sommaires des enfants. Un des textes les plus connus du poète qui est honoré par l’animation vibrante de l’artiste. Elle parvient à réinventer un texte tant de fois récité même si la fin un peu abrupte déçoit quelque peu…

Saltimbanques de Wen Fan & Mengshi Fang (sur un texte de Guillaume Apollinaire) : une imagerie surréaliste et colorée qui sied bien à l’univers du poète imaginatif qu’était Apollinaire. Le film est construit autour d’une prédominance de couleurs vives : vert, jaune et orange et des traits résolument enfantins.

EDITION VIDEO

Comme d’habitude, l’éditeur vidéo Folimage soigne le packaging d’une sortie vidéo en déposant le DVD dans un digipack arborant des photogrammes des onze courts-métrages. Une bien belle enveloppe physique pour de beaux courts-métrages et une quinzaine de vidéos making-of essentielles !

Image & son : de beaux transferts pour magnifier ces films aux esthétiques hétéroclites. Les couleurs sont bien retranscrites et le format d’image honore ces propositions éclectiques. Qu’il s’agisse de 2D, de stop-motion ou de collage, les choix artistiques sont mis à l’honneur par une image basse définition qui recèle pourtant de beaux instants.

Le son des courts-métrages oscille entre des pistes en Dolby-Audio 5.1 et d’autres en 2.0 selon les films mais il est à noter que dans l’ensemble il y a une forte présence des voix off pour permettre une belle mise en avant des poèmes « animés » par ces courts inspirés.

Interactivités: plein de courtes featurettes approfondissant la création des films. Y prennent part les réalisatrices des courts découverts mais également d’autres créateurs des nombreuses saisons de la série anthologique dont ce DVD propose une sélection d’épisodes. L’occasion de découvrir d’innombrables artistes et autres croquis essentiels dans le processus créatif.

– Adapter un poème (5’24)

– Animer en 2D (6’26)

– Animer en 3D (6’40)

– Animer en banc-titre (5’06)

– Animer en papier découpé (5’11) 

– Animer en sable (5’56)

– Diriger les comédiens (4’31)

– Bruiter (5’)

– Animer en volume (5’49)

– Le choix des couleurs (6’38)

– Le story-board (6’37)

– Les questions du créateur (5’14)

– L’esquisse animée (5’24)

– Recherches graphiques (4’19)

– Travelling sur la campagne (6’32)

= environ 90 minutes de making-of : c’est évidemment parfaitement passionnant d’autant plus que de nombreuses techniques d’animation sont honorées au gré des interviews d’artistes et des séquences de création.

Les amateurs de poésie française et d’animation seront donc comblés par cette compilation thématique auréolée d’une somme de making-of de grande qualité. Cette fois-ci, rien n’est fait à moitié dans la partie « bonus » du disque. Les fans d’animation (et les non-initiés) se délecteront de ces propos éclairants sur un art des plus hétéroclites. Les bonus valent presque à eux seuls l’achat du digipack !

Nourri aux univers animés depuis la découverte de Kirikou et la sorcière en 1998, Nathan porte son regard critique et analytique sur l'univers des longs-métrages. Il est rédacteur sur Focus on Animation depuis 2012.

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