(Sortie vidéo) Même les souris vont au paradis de Jan Bubenicek & Denisa Grimmova

Après un passage remarqué au festival d’animation d’Annecy (la critique de Davy est toujours en ligne) et une nomination méritée aux Césars, Même les souris vont au paradis débarque en DVD et Blu-ray pour prolonger son enchantement. Si une critique du film est déjà disponible sur notre site, je ne pouvais m’empêcher d’en redire quelques mots ! Le long-métrage de Denisa Grimmova & Jan Bubenicek est une merveille visuelle qui n’a comme défaut qu’un personnage principal exaspérant.

Résumé : Après un malencontreux accident, une jeune souris au caractère bien trempé et un renardeau plutôt renfermé se retrouvent au paradis des animaux. Dans ce monde nouveau, ils doivent se débarrasser de leurs instincts naturels et suivre tout un parcours vers une vie nouvelle. À travers cette aventure, ils deviennent les meilleurs amis du monde et la suite de leur voyage leur réservera bien des surprises…

(c) Gebeka Films

Sans détour, le long-métrage, fruit d’une coproduction européenne, nous embarque dans un road-movie aux quatre coins du Paradis. Aux côtés de personnages que tout oppose (à moins que ?), l’histoire se tisse et les obstacles de chacun s’étiolent au fil du récit. Loin de nous proposer un au-delà aseptisé, l’équipe créative nous plonge dans un univers aussi poétique que foisonnant grâce à des décors somptueux. La technique du stop-motion, chère à la République Tchèque où le film a en partie été produit, donne une matérialité aux choses et donne de la profondeur à l’histoire contée. On suit avec enthousiasme l’aventure d’un souriceau et d’un renardeau en quête d’une seconde vie.

A vrai dire, le long-métrage est un émerveillement permanent parasité par un personnage principal antipathique. Whizzy (le souriceau) se révèle égoïste et implacable dans ses jugements portés d’une voix criarde vite éreintante pour le spectateur. Nous sommes davantage touchés par la quête de soi du renard (Whitebelly) qui l’accompagne et qui nous touche jusqu’au climax sous forme de mise en abyme du film. C’est au coeur d’une fête foraine baroque que les personnages se révèlent enfin à eux-mêmes et que l’épuisante souris nous émeut davantage. Le long-métrage regorge de séquences astucieuses jusqu’à son final aussi touchant qu’intéressant sur le plan narratif (dont il serait dommage de vous révéler les surprises si vous n’avez toujours pas découvert le film). Certains tiqueront sur le character design torturé de certains personnages (plus de cent animaux peuplent le film !) mais l’on ne peut que se réjouir d’avoir accès à un tel projet !

(c) Gebeka Films

Vous l’aurez compris, les charmes de Même les souris vont au paradis m’ont conquis. S’il me faut dépasser le caractère difficile (mais cohérent avec le propos du film) de Whizzy, le reste du projet est un délice à savourer en famille d’autant plus que le scénario aborde avec intelligence des questions existentielles qui parleront à toutes les générations.

EDITION VIDEO

Nous avons eu la chance de tester l’édition haute-définition du film grâce à la copie fournie par Arte Vidéo. Le long-métrage est également disponible en DVD sur le sol français. Même s’il ne s’agit que d’un amaray traditionnel, on apprécie la présence d’un fourreau parachevant le soin apporté à l’édition physique du film.

Comme de coutume le film a été visionné sur un écran Oled 4K pour le test.

Image & son : sans surprises, l’éditeur vidéo nous offre une image léchée qui sublime la qualité des décors et du character design. Parfois le transfert est un peu sombre (à l’image du propos du film qui n’hésite pas à aborder des sujets matures) mais les noirs sont profonds et la matérialité induite par le stop-motion resplendit. Il est évident qu’il s’agit là d’une édition parfaite pour (re)découvrir le film à la maison.

Du côté du son, vous découvrirez le film en DTS-HD Master Audio 5.1 si vous avez l’installation adéquate tandis que les autres profiteront d’une piste 2.1 (stéréo). Il va de soi que l’univers merveilleux et onirique du film se dévoile avec plus d’éloquence sur la piste HD. Les différents canaux regorgent de voix et de bruitages qui renforcent la vraisemblance de ce paradis aux merveilles.

À noter qu’une piste en audio-description est aussi présente tout comme des sous-titres adaptés aux spectateurs sourds et malentendants.

Interactivités : l’édition haute-définition ne comporte qu’un seul bonus mais il a le mérite d’aborder de nombreuses caractéristiques du film : il s’agit d’un making-of de 26 minutes.

On commence au festival d’animation d’Annecy pour la première du film ( au cours de laquelle il est évoqué le tournage de quatorze mois) avant de revenir au début de sa création avec l’équipe créative. Vladimir Lhotak(le producteur) et les réalisateurs du projet interviennent au cours de la vidéo pour parler notamment de l’adaptation du livre ou bien du tournage complexe en stop-motion avec quelques tests préliminaires d’animation (on découvre alors les premières versions de Whitebelly et Whizzy). On s’émerveille aussi devant Denisa Grimmova lorsqu’elle crée des sculptures en argile des personnages. Le making-of est riche en documents préparatoires graphiques et s’adresse à tous les fans du long-métrage. On assiste également à la confection minutieuse des marionnettes : Whizzy prend forme devant nous, c’est passionnant ! S’ensuivent aussi les composantes numériques du film mais aussi l’enregistrement de l’envoûtante bande originale. Nous tenons là un vrai making-of comme on les aime (même si l’on en voudrai toujours plus) !

Enfin, les jeunes spectateurs se réjouiront de trouver un livret d’activités dans le boîtier. Une belle manière de prolonger la rencontre avec les personnages.

Point de doute, tous les fans du long-métrage se doivent de posséder cette édition HD de toute beauté. Même si le film est reparti bredouille des Césars, il a conquis le coeur de son public et c’est probablement là la plus belle des récompenses.

Nourri aux univers animés depuis la découverte de Kirikou et la sorcière en 1998, Nathan porte son regard critique et analytique sur l'univers des longs-métrages. Il est rédacteur sur Focus on Animation depuis 2012.

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